Mardi 26 septembre 2006
2
26
/09
/Sep
/2006
11:39
Julien lança pour la énième fois le bâtonnet. Son chien s'élança à fond de train sur la plage déserte et, en un temps record, ramena au lanceur ce qui lui avait été jeté. Lassé, Julien s'assit sur le sable frais et scruta l'océan huileux enrobé des brumes de l'aurore qui lui cachaient l'horizon. Dans quelques heures, les premières dissipations attireraient les baigneurs. Il perdrait alors sa tranquillité et la plage l'ennuierait. Les jappements de son chien lui firent lever la tête. Julien reconnut le haut d'un maillot de bain.
Au premier coup d'oeil il, il jugea jeunes et autoritaires les seins qui devaient épouser les petits bonnets devenus orphelins. Julien n'avait toujours pas bougé, quand son chien déposa, cette fois-ci, un slip de bain. La coïncidence l'obligea à prêter attention à cette seconde trouvaille et Julien fit très vite le rapprochement : le bas, de toute évidence, appartenait au haut.
Il venait de reconstituer le véritable puzzle anatomique d?une jeune fille qu'il imagina jeune et jolie, peut-être légère, ou tout simplement distraite. Il enfouit au fond de ses poches le maillot de l'inconnue qui lui sembla soudainement très intime et en fût troublé.
Julien l'aperçut quelques mètres plus loin, allongé sur le sable. Nue, la jeune fille dormait. Il n'osa pas la réveiller et se contenta de s'agenouiller près d'elle pour mieux contempler sa beauté offerte.
Pour la première fois, Julien découvrait la nudité d'une femme. Il comprit qu'ensuite plus rien ne serait comme auparavant. Son corps d'adolescent venait de se briser aux pieds de cette étrange créature. Tout lui semblait limpide. La haine, la violence, le désir, l?amour, la force et la faiblesse.
Lorsqu'il effleura ses seins, l'inconnue ne bougea pas.
Téméraire, sa main glissa une caresse sur le ventre doré :
l'inconnue ne remua toujours pas.
Electrisé, Julien la désira violemment.
Il se déshabilla entièrement et se lova contre elle :
l'inconnue demeura immobile.
Elle était si belle, il l'aimait tant, qu'il en pleura comme un enfant, ses larmes ruisselaient sur la peau de l'inconnue
qui ne frissonna pas.
Le soleil apparut, avec lui les premiers cris, les rires, les autres, ceux qu'il redoutait.Il serra contre lui la jeune fille.
Julien attendrait, parfaitement immobile, que l'inconnue se réveilla. Il lui en fit la promesse et, comme elle, s?endormit.
Les autres étaient là et les regardaient.