« BOBO » OUT, « FURITA » IN
Etre bobo aujourd’hui, est-ce bien raisonnable et cela correspond-t-il encore à quelque chose
Quel est donc ce courant qui envahit à nouveau les médias depuis la dernière chanson de Renaud, cet has been où il dresse un portrait juste mais quelque peu chaotique
Bobo, oui mais !
Bobo est l’acronyme de « bourgeois bohémien » après les bourges et les prolos d’hier on s’est découvert un nouveau courant de pensée mais on ne naît pas bobo, on le devient semblerait-il !
Bobo est un terme apparu pour la première fois dans le livre « bobos in Paradise » de David Brook et c’est aussi une interjection espagnole qui signifie « idiot ». C’est un peu vrai, voire navrant et il faut être un peu à la masse pour aujourd’hui se revendiquer « bobo » d’autant que ce courant est déjà largement dépassé.
Ce mot n’a pas de féminin mais désigne néanmoins un esprit subtil et raffiné, propre aux femmes en générale dont le leitmotif semble être « soyons différents »
Il vaut mieux donc posséder un esprit malléable et les poches bien remplies et surtout ne jamais oublier de clamer son unicité.
Par définition le personnage « bobo » ne fait jamais comme tout le monde
La mode, il s’en fout, il trouvera bien le vêtement vrai-faux-chic et décalé qui lui permettra de se faire remarquer et c’est important car il a horreur de passer inaperçu.
En vacances, il déserte les lieux branchés pour préférer retaper une ferme dans le Poitou
Sa caractéristique lui est propre, il sait où il va mais ne sait plus d’où il vient.
Ce désaxé lit Houellebecq ou Djan, le Monde Diplomatique ou Libération suivant son humeur. Fume un joint de temps à autre, çà fait chic, et le plus souvent se déplace à vélo. Au cinéma visionne les films coréens ou japonais et en musique apprécie les chansons à texte du style Carla Bruni.
Bien entendu, la seule chaîne de télévision regardable est Arte.
Il parle écologie, du trou de la couche d’ozone, porte des matières naturelles mais tout en usant des technologies de Silicon Valley. Il apparaît comme un nouveau riche pas très révolutionnaire, un écolo moderne qui aimerait concilier nouvelle économie et profiter avec la culture de son jardin et le commerce équitable.
D’ailleurs, il surveille et veille à entretenir un certain flou concernant sont art de vivre car il est détenteur de vérité indubitable du style : seuls les parvenus se ruinent en produit de luxe, les personnes cultivées se ruinent qu’en choses essentielles. Déconcertant, il est vrai.
Côté écologie, le « bobo » est très ouvert. Contre le racisme, pour le droit à l’adoption des homos, pas macho et toutes nouvelles idées est bonne à prendre et à exploiter. Pour autant, il surfe sur le net des heures convaincu de faire des bonnes affaires mais quand il aura constaté que tout le monde achète sur le net, il retournera dans la boutique du coin de la rue. Ne jamais faire comme tout le monde est important !
Vous reconnaissez-vous dans cette caricature et êtes vous prêt à rejoindre ce courant ? Pas vraiment et vous avez raison car Renaud ou pas, le courant des « bobos est aujourd’hui mort et bien mort. D’ailleurs, cet être fragile en perpétuelle évolution a du souci à se faire.
Eh oui ! un nouveau mode de vie envahit l’Europe et fera très prochainement son apparition en France.
Prenez donc le train en marche ce qui vous évitera d’être désigné du doigt !
Le « bobo » est mort, vive le « Furita ». Être « bobos c’est out, pour être in, il faut être « Furita »
Ce nouveau mode de vie nous vient directement du Japon.
Lassé d’une économie en panne et d’une idéologie productiviste datant des années 60-80, encore bien ancrée dans les esprits les 15-30ans tentent de révolutionner les institutions.
Pour 40% d’entre eux, le travail est un moyen simple de gagner sa vie et non plus une fin en soi. Le salarié en costume cravate, c’est T.E.R.M.I.N.E.
Pour les jeunes japonais c’est de vivre en adéquation avec leurs envies quitte à vivre modestement.
Les meilleurs diplômés prennent le pas et se tournent vers les emplois précaires. Travailler 6 mois pour partir 6 mois à la découverte du monde. On les appelle les « Furita » de l’anglais « free » (libre) et de l’allemand « arbeit » (travail)
Ils seraient déjà plus de 1, 7 millions partageant ce courant qui pourrait rapidement gagner notre pays. Fustigés par beaucoup qui regrettent la perte du sens de l’effort, les Furitas pourraient rapidement secouer notre mode de vie.Le travail, c’est totalement ringard, l’emploi précaire devient la norme pour plus de liberté. Vivre en harmonie avec soi, découvrir l’autre, une philosophie plus enrichissante que de se regarder le nombril en s’assommant de questions pseudo existentielles. Ils débarquent et risque de changer le modèle social professionnel de nos prochaines années. Ils sont prêts à vivre plus modestement pour préserver leur liberté.
Conclusion :
Le « bobo » out !
Le « Furita » in !
Le texte de la chanson de Renaud est très demandé, régalez-vous, le voici dans son intégralité
Les Bobos
On les appelle bourgeois bohêmes
Ou bien bobos pour les intimes
Dans les chansons d’Vincent Delerm
On les retrouve à chaque rime
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Je vais vous en dresser le tableau
Sont un peu artistes c’est déjà ça
Mais leur passion c’est leur boulot
Dans l’informatique, les médias
Sont fier d’payer beaucoup d’impôts
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils vivent dans les beaux quartiers
Ou en banlieue mais dans un loft
Ateliers d’artistes branchés
Bien plus tendance que l’avenue Foch
Ont des enfants bien élevés
Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans les écoles privées
Privées de racaille, je me comprends
Ils fument un joint de temps en temps
Font leurs courses dans les marchés bios
Roulent en 4x4, mais l’plus souvent
Préfèrent s’déplacer à vélo
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils lisent Houellebecq ou philippe Djan, les Inrocks
Et Télérama
Leur livre de chevet c’est surand
Prés du catalogue Ikéa
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
Passent leurs vacances au Cap Ferret
La côte d’azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout Arte
Canal plus, c’est pour les blaireaux
Sauf pour les matchs du PSG
Et d’temps en temps un p’tit porno
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils écoutent sur leur chaîne fi
France-Info toute la journée
Alain Bashung Françoise Hardy
Et forcément Gérard Manset
Ils aiment Desproges sans même savoir
Que Desproges les détestait
Bedos et Jean-Marie Bigard
Même s’ils ont honte d’avouer
Ils aiment Jack Lang et Sarkozy
Mais ils votent toujours écolo
Ils adorent le Maire de Paris
Ardisson et son pote Marco
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
La femme se fringue chez Diesel
Et l’homme a des prix chez Kenzo
Pour le cachemire toujours nickel
Zadig et Voltaire je dis bravo
Ils fréquentent beaucoup les musées,
Les galeries d’art, les vieux bistrots
Boivent de la manzana glacée en
Ecoutant Mana chao
Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n’aime pas trop
Par certains côtés, j’imagine….
Que j’fais aussi partie du lot
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos