le bonheur d'écrire

"un poète mort n'écrit plus, d'ou l'importance de rester vivant" (Houellebecq)

Essayons d'échapper à ce raisonnement simple. La stérélité créative peut frapper bon nombre d'entre-nous. Mais soyons positif, ne déposons pas la plume et laissons la crisser sur le papier car finalement nous ne connaîtrons jamais cette part de nous-même qui nous pousse à écrire. Soyons donc heureux de coucher les mots et n'ayons pas peur du bonheur, d'ailleurs, il n'existe pas.

Vendredi 24 août 2007
Le désespoir est assis sur un banc
assis1.jpg
 
 
Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles, un vieux costumes gris
Il fume un petit ninas, il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyais pas
Comme si on ne l’entendais pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez, vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme les enfants
Vous savez que jamais plus vous passerez
Tranquillement
Comme les passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux
assis.jpg
Par fassart
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 8 août 2007
amour36.jpg AMOUR TOUJOURS aimer.jpg
 
 
Le trouble m’envahit et me submerge. Heureux de vous avoir à mes côtés ; gracieuse, tendre, caressante et si attentionnée.
 
S
urpris ; que le temps nous ait rattrapé et absorbé, sans usure, nous permettant d’entamer une nouvelle croisière sur son navire.
 
P
eureux ; devant la tâche la plus immense d’une vie : aimer une femme, lui rendre son amour, rechercher la plus parfait harmonie.
 
I
nterrogatif ; en apprenant qu’il vous faut «mettre de l’ordre » autour de vous alors que je ne perçois qu’une femme ordonnée ; bonne profession, bon salaire, bonne maman…
 
Avez-vous conscience que ce désordre m’appartient et que vous n’en percevez pas l’écho. pour exemple :
-        profession, à ce jour incertaine et hypothétique
-        revenu, incertain et irrégulier sinon absent
-        Comment percevez-vous cette insécurité chez un homme et père que vous aimez ?
Avez-vous conscience que vous vous rapprochez d’un anti-conformiste ayant évacué cette » course à travers les champs » d’une société qui vous veut socialement inscrit. Je ne suis plus ce lièvre à la poursuite d’une reconnaissance sociale mais cette personne se rapprochant plus d’un style de vie et de pensée, voire d’une philosophie de vie (d’ailleurs il nous faut absolument soulever ce voile. Je m’interdit d’entraîner une femme dans un sillage qu’elle ne percevrait pas)
  amour.jpg
Je suis pourtant convaincu que nous pouvons former le plus beau couple qu’il soit, dans la complicité et l’amour réciproque.
Néanmoins, je vous laisserai l’initiative de ses fondements. En cela, j’entends rejoindre vos souhaits les plus secrets, vos désirs cachés, sur ce couple que vous entendez construire aujourd’hui et non comparable à ceux que vous avez déjà vécus.
Notre union ne sera pas celle d’un jour ou d’une nuit. Mon engagement est bien plus considérable et peut-être très ambitieux. Je vous perçois à mes côtés rejoignant cette ligne bleutée, cet horizon que je n’ai jamais su attraper. amour-20aveugle.jpg
Ne refusez pas, allez dans ce sens, je vous tends la main. Mon cœur, vous le possédez déjà.
Je suis capable de vivre constamment à vos côtés mais je refuse pour l’instant. Je ne veux pas que le quotidien use nos rapports. J’ai peur et le passé ne fait que confirmer cette inquiétude. D’ailleurs vous voyez-vous au côté d’un seul homme constamment ?
Une seule femme me suffit mais çà n’engage que moi et mes convictions les plus profondes.
Je suis impatient que vous officialisez notre situation. Déjà, je reconnais vos efforts. Faites le dernier pas, peut-être le plus difficile, je le reconnais mais cependant le plus important ;
Alors, mes angoisses seront miraculeusement atténuées
Faut-il souligner que je vous aime éperdument ? Dois-je me couper un membre pour vous le prouver ? (Le lobe de l’oreille gauche vous suffit-il ?) oui, je vous aime et ne cesserai de vous le dire à tout instant
Vous voulez-vous en remettre entièrement à ma volonté ! Un peu excessive votre démarche mais touchante. Votre idéalisme vous emporte. Nous serons deux à prendre les décisions, à nous aimer. Je vous veux telle que vous êtes et vous aimeriez jusqu’au bout de mon dernier souffle. Amour-4.jpg
Je vous aime Princesse et remercie le ciel de vous avoir croisé dans ma vie
« Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence »
Jean de la Fontaine
amour1.jpg
Par fassart
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 7 août 2007

colere200x300.jpg femme furieuse 5-copie-1.jpg

Il me faut, une fois de plus, vous contenter en vous livrant, un texte, une poésie ou une histoire, en cherchant, bien évidemment, à vous plaire. Mais voilà, je suis devant la feuille blanche et je peine. Rien, aucune idée ne m'illumine, pas un mot, pas même une rayure. C'est la panne, la plus grande crainte de l'écrivain.

Ecrire pour être lu
Ecrire pour les autres
Mais avec un esprit on ne peut plus vide, que faire d'une plume?
Je ne peux cependant vous livrer une page blanche
Je vous invite donc à remplir cette page avec moi.
Je vous propose un jeu de rôle. Vous êtes l'acteur, j'ai la plume, j'écris le scénario. D'accord?
Alors allons y! et remplissons ce cauchemar de page blanche.
Vous êtes installé devant votre PC, les deux mains à portée du clavier. Vous vient à l'esprit de fouiller vers vos blogs favoris pour y découvrir les dernières nouveautés.
Vos doigts effleurent les touches et vous mènent vers votre désir.
Ce soir, vous êtes concentré et vous voulez jouir d'un plaisir favori.
Vous êtes brusquement déconcentré par la sonnerie retentissante de votre portable. Femme-en-col-C3-A8re.jpg Un rapide coup d'oeil vers l'appareil, elle se rappelle à vos bons souvenirs. Vous grimacez légèrement. Qu'allez-vous pouvoir lui dire pour l'éviter ce soir?
Qu'importe, il faudra improviser. Vous décrochez.
- Salut, tu as mis du temps à décrocher
- Désolé, j'étais occupé
- Je te rappelle notre diner
- Je suis désolé, mais c'est impossible ce soir
- C'était pourtant convenu, on devait parler de notre couple
- Je te rappelle
Seul, tout se passe bien mais envisager l'autre 24 heures sur 24, et vous analysez le nombre de problèmes et le poids de concessions qu'il vous faudra consentir.
Elles viennent de Vénus, vous venez de Mars, est-ce bien raisonnable d'envisager une union?
Epuisantes et déchirantes querelles de couple! Comment se comprendre lorsque l'un est à bout, l'autre à cran ou simplement quand chacun se retrouve sans les mots pour décrire un état intérieur d'inconfort subtil et pourtant récurent. Comment dire l'impression d'oppression lorsque l'autre s'approche en demande de tendresse, telle une chatte, comment dire l'impression d'abandon et de ne pas être compris lorsque l'autre s'éloigne en demande de retraite. 
Entre le repli dans sa propre caverne et l'envahissement dans la bulle de l'autre, comment trouver la bonne mesure?
Sur l'heure, il voulait la paix et n'avait pas la volonté de se perdre dans une relation incertaine. Fuir était urgent.
Il se concentra de nouveau devant son écran délaissant le portable abandonné sur la table de travail.
On frappa brusquement à la porte d'entrée. Femme-en-colere.jpg

Il pâlit. Elle s'était déplacée pour en avoir le coeur net.

Il s'interrogeait. Garder le silence total et elle se découragerait certainement. Mais rien, les coups redoublaient.

Il ouvrit la porte d'entrée et eut du mal à contenir la furie qui trépignait devant lui.

- Je savais que tu étais chez toi, hurla-t-elle

Tout en le bousculant, elle se fraya un chemin vers le salon.

La rage la faisait sautiller sur place et j'avais du mal à comprendre ce qui la faisait bondir ainsi.

- On devait se voir, diner et discuter. C'est trop te demander, je pense?
Elle ne parle pas, elle hurle.
Elle utilisait un mécanisme de défense puérile et je sentais en elle ses dents de requins qui poussaient.
- Nous pourrions remettre cette soirée à plus tard. Je ne me sens pas très bien.
- C'est çà, fait moi le coup de la migraine mais tu inverses les rôles dans ce jeu.
Il m'étais impossible de la stopper dans sa fureur encore moins de la convaincre.
femme-en-col--re1.jpg J'essayais de me concentrer devant mon écran pour échapper à son emprise, ce qui décupla sa furie. Me passe à l'esprit qu'il me faudra peut-être user de violence pour la calmer. Une bonne baffe et elle finira par la boucler.
Il avait envie qu'elle remballe ses seins et son cul et qu'elle se casse au plus vite de chez lui. Mais elle continuait à piétiner rageant de plus belle.
J'étais assez dépité. Il me fallait à tout prix la calmer. User de violence risquait de décupler une situation déjà assez lourde. Je prie la décision qui me venait à l'esprit. Elle devait à tout prix la boucler une fois pour toute, je perdais le contrôle.
Me vient à l'esprit de me dégrafer. Elle hurlait tellement de colère que sa bouche était constamment grande ouverte. Sans hésitation, j'enfournais ma queue dans son gouffre ou surprise, elle se mit à suffoquer. Mes mouvements furent vifs et sans retenus et le silence gagna tout à coup le salon. J'étais comme fou et labourais sa bouche sans vergogne.
Je fis des efforts redoublés pour prolonger cette plénitude retrouvée mais hélas, et un peu vite, j'ai du me lâcher sans retenu.
Prise par surprise, je dois avouer que le calme qu'elle arbora soudainement, fut grandiose. Elle assuma, passivement, m'engloutissant et avala ma semence sans maudire.
Soulagé, mais peu fier, j'attendais un nouveau déluge
Mais rien, elle avait littérallement fondu devant mon agression sexuelle. Mon sexe avait retrouvé sa timidité.
J'ignore si c'est la meilleure manière ou méthode pour calmer une furie d'une femme mais je mesurais que la méthode employée avait porté ses fruits. femme-en-col--re2.jpg

Par fassart
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 24 juillet 2007

 

La vie

Ce jour, ce jour qui pointe péniblement,

Qui ne veux rien dire et qui ne dis rien

Que vais-je en faire ?

N'est-ce pas la question de tous et de chacun ?

La vôtre peut-être ?

De cette nuit noire obscure

Qui vient de s'épuiser ne me laissant que ses cauchemars

Que puis-je en faire ?

Et vous ? Qu'en faites-vous ?

Tourner, tourner en rond

En s'interrogeant sur un existentialisme assommant

Qui suis-je ?

Qui puis-je ?

Sans réponse, reconnaissez que c'est agaçant

M'évanouir peut-être ?

Renoncer ou disparaître, que sais-je !

J'ai peur de mes amis

Qui voudraient me priver de mes amphétamines

Pourquoi vouloir m'ôter mes dernières amies ?

Tourner, tourner en rond

Trouver, trouver peut-être

Une réponse

Mais laquelle ?

En avez-vous une ?

 

 

 

 

Le monde qui lapide, ce monde qui tiraille, ce mode qui m'épuise

En fais-je vraiment partie ?

Et vous ? Où êtes-vous ?

Renoncer, impliquerait l'exil

M'évanouir, la mort !

Les incertitudes de la vie ont toutes une solution. On parle aujourd'hui de « croire en la vie » alors qu'hier, on disait « croire en Dieu »

Avancer, bien sur, dans un monde chaotique, sans peur de trébucher

 

 

 

 

 

A quoi serviraient alors les béquilles ? La vie s'oppose parfois à nous, mais nous ne pouvons pas vivre sans elle. Nous pouvons, par contre, la personnifier. Elle nous guide, nous donne des leçons et nous lance des défis.

Etes-vous sûr de votre équilibre ?

Tomber, ai-je peur de tomber ?

Démuni, en précarité

N'est-ce pas le lot qui nous a attribué aujourd'hui ?

Avancer et pour beaucoup, en pointillé et user ce qui nous reste à vivre

Le temps n'a pas pitié de nous

Le meilleur moyen de gagner la partie contre le temps est encore de renoncer, dans une certaine mesure, à y vivre

Nous reste alors le défi le plus difficile que la vie nous propose : la mort !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Difficile n'est-ce pas cette éventualité ?

 

 

 

 

 

Mais je refuse d'y faire face.

La mort n'est qu'une futilité, elle n'est pas réelle

La vie m'oblige à me battre, voilà du concret

La vie, la vie économique, numérique, financière, sportive, culturelle, artistique, sentimentale, émotive

Que de vies dans un si petit espace que le notre

Vous avez le choix, faites le votre !

Tourner, oui ! tourner le dos à tout ce déluge et aimer !

Aimer l'autre

Mais qui donc ?

Cette inconnue que je croise et qui m'évite

Perdu dans cette foule, personne ne me reconnaît

Celle-ci, peut-être mais j'ai peur des caniches

Celle-là, occupée avec son baladeur

Cet autre, mais son MP3 l'éloigne du monde et de la réalité

On peut s'interroger ? Que faites-vous de l'autre ?

 

Elle est assise sur le banc public

Elle pleure et ses larmes inondent ses pieds

Je m'assoie à ses côtés pour la consoler mais elle redouble ses pleurs et ne veux pas m'écouter

Je la quitte perdue dans ses malheurs

J'ai pris le bonbon qu'on me tendait

 

 

 

 

 

La vielle dame, au sourire édenté, attendait avec impatience que je le déguste. J'ai soigneusement déballé le bonbon chocolaté et sans quitter des yeux la veille dame, je l'ai porté délicatement à la bouche.

Elle dansait devant moi, rayonnante de bonheur, c'était merveilleux de la voir sauter dans tous les sens. Elle portait la vie en elle et m'invitait à la déguster.

J'oubliais mes maux, mes interrogations négatives pendant que le bonbon fondait en moi.

Un simple bonbon venait de me faire renaître, je goûtais de nouveau à la vie.

La vie devait être goûté. Il fallait en découvrir toute ses vertus, toute sa saveur et laissait fondre sur son palais le meilleur d'elle.

Un petit clin d'oeil, juste pour dire merci.

 

Merci à qui, à quoi ?

 

A la vie, bien sur ! C'est vrai qu'elle fait peur la vie mais au bout du compte, elle finit toujours par me combler. Il s'agit de saisir l'instant et d'écouter ce qu'elle chante et lui faire confiance, encore, encore et encore.

Il ne vous reste qu'à sucer des bonbons, mais il existe aussi les sucettes à l'anis. C'est mieux

 

J'ai repris ma route, heureux

La femme pleurait toujours sur son banc.

 

 

 

 

 

« Pourquoi ne pouvons-nous jamais

Jamais

Être aimés ? »

 

 

Par fassart - Publié dans : jmf75
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 8 juillet 2007

 

ORAGE

 

J’ai enlevé tous les nuages sombres des cieux pour retrouver un ciel bleu limpide

Mon regard est débarrassé de toutes les noirceurs qui l’engloutissaient.

J’ai décroché quelques étoiles du firmament pour éclairer mon cœur ténébreux.

Mais leurs éclats n’ont pas suffit pour chasser tout sa langueur.

Et là, j’ai vu le feu pleuvoir du ciel en zigzagues discontinues, plombant le sol.

L’orage colérique est apparu grondant son désespoir.

Il grondait dans mon cou et léchait mon visage

Il bavait sur mon corps et j’aimais.

J’implorais l’orage qu’il m’attrape et me gronde encore.

Mes mains se perdent dans le vide espace ;

Et mon esprit s’égare dans le néant des idées.

La pluie ruisselle sous mes pieds,

Longue comme des fils sans fin.

Elle s’effile et s’étire patiente et lente.

L’eau dégoutte pendant des heures.

Et les arbres pleurent.

 

 

La pluie, avec ses longs fils gris, avec ses cheveux d’eau,

Avec ses rides, mouille et mouille encore ;

Comme elle, je pleure et pleure encore,

Sur un passé qui n’est plus

Sur un avenir qui s’enfuit

Sur un présent bien trop absent.

J’écoute ses mots, ses mélodies

 qui bercent mon cœur

Et éclabousse ma vie

Loin d’elle, il n’y aurait que l’ennui

Près d’elle, la peur de lui dire, Oui !

Et la pluie qui ruisselle et me sourit

Sa beauté m’enflamme

Son intelligence m’émeut

Dois-je l’abriter dans ma vie qui n’est que pluie ?

 

Aura-t-elle peur de l’orage ?

 

Percevra-t-elle le soleil qui brille dans nos âmes ?

J’ai peur, tellement peur qu’elle me fuit

Alors je pleure, comme un enfant incompris

 

Je pleure sur un bonheur que je n’ai pas compris.

 

 

 

 

 

Par fassart - Publié dans : jmf75
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 20 juin 2007

Au secours ! Je me tue !

Le suicide n’est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d’y faire face

 

Aujourd’hui, il me semble que ma vie n’a été qu’un enchaînement de quelques petits ratages ;

En fait, aujourd’hui, je suis mort.

Et c’est peut-être mon plus beau ratage.

Mais laissez-moi vous expliquer mon dernier abandon. Je pourrais ainsi partir soulagé

Il ne se passe pas de jour sans qu’on lise dans quelque journal les faits divers suivants :

« Dans la nuit de mercredi à jeudi, les habitants d’une petite localité ont été réveillés par deux détonations  successives. On trouva le locataire d’un logement baigné dans son sang, tenant encore à la main le revolver avec lequel il s’était donné la mort ».

« En Corse, deux jeunes filles de 14 et 16 ans se sont défenestrées sur un interval d’une heure. Elles correspondaient entre-elles mais on ignore si elles s’étaient concertées avant de passer à l’acte ».

 

Quelles douleurs profondes, quelles lésions du cœur, désespoir cachés, blessures brûlantes poussent au suicide ces gens heureux ? On cherche, on imagine des drames d’amour, on soupçonne des désastres d’argent et, comme on ne découvre jamais rien de précis, on met sur ces morts, le mot ‘Mystère ».

Je laisse une lettre sur la table d’un « suicidé sans raison » écrite pendant ma dernière nuit auprès du pistolet chargé. Elle ne révèle aucune des grandes catastrophes qu’on cherche toujours derrière ces actes de désespoir ; mais elle montre la lente succession des petites misères de la vie, la désorganisation fatale d’une existence solitaire, dont les rêves sont disparus, elle donne la raison de ces fins tragiques que les nerveux et les sensitifs seuls comprendront.

La voici :

 

Il est minuit. Quand j’aurai fini cette lettre, je me tuerai.

Pourquoi ? Je vais tâcher de le dire, non pour ceux qui liront ces lignes, mais pour moi-même, pour renforcer mon courage défaillant, me bien pénétrer de la nécessité maintenant fatale de cet acte qui ne pourrait être différé.

J’ai été élevé par des parents simples qui croyaient à tout. Et j’ai cru comme eux.

Mon rêve dura longtemps. Les derniers lambeaux viennent seulement de se déchirer.

Depuis quelques années déjà un phénomène se passe en moi. Tous les évènements de l’existence qui, autrefois, resplendissaient à mes yeux comme des aurores, me semblent se décolorer. La signification des choses m’est apparue dans sa réalité brutale ; et la raison vraie de l’amour m’a dégouté même des poétiques tendresses. *

Nous sommes les jouets éternels d’illusions stupides et charmantes toujours renouvelées.

Alors, vieillissant, j’avais pris mon parti de l’horrible misère des choses, de l’inutilité des efforts, de la vanité des attentes, quand une lumière nouvelle sur le néant de tout m’est apparue ce soir, après diner.

Autrefois, j’étais heureux, joyeux ! Tout me charmait : les femmes qui passent, l’aspect des rues, les lieux que j’habite et je m’intéressais même à la forme des vêtements. Mais la répétition des mêmes visions a fini par m’emplir le cœur de lassitude et d’ennui comme il arriverait pour un spectateur entrant chaque soir au même théâtre.

Tous les jours, à la même heure depuis dix ans, je me lève et, je mange aux mêmes heures les mêmes plats.

J’ai tenté de voyager ? L’isolement qu’on éprouve en des lieux inconnus m’a fait peur. Je me suis senti tellement seul sur la terre, et si petit, que j’ai repris bien vite la route de chez moi.

Mais alors l’immuable physionomie de mes meubles depuis dix ans à la même place, l’usure de mes chaises que j’avais connus neuves, l’odeur de mon appartement, m’ont donné, chaque soir, la nausée des habitudes et la noire mélancolie de vivre ainsi.

 

Tout se répète sans cesse et lamentablement. La manière même dont je mets en rentrant la clé dans la serrure, la place où je trouve toujours mon briquet, le premier coup d’œil jeté dans ma chambre, me donnent l’envie de sauter par la fenêtre et d’en finir avec ces événements monotones auxquels nous n’échappons jamais.

J’éprouve chaque jour, en me rasant, un désir immodéré de me couper la gorge et ma figure, toujours la même, que je revois dans la petite glace avec du savon sur les joues, m’a plusieurs fois fait pleurer de tristesse.

Je ne peux même plus me retrouver auprès des gens que je rencontrais avant avec plaisir, tant je les connais, tant je sais ce qu’ils vont me dire et ce que je vais répondre, tant j’ai vu le moule de leurs pensées immuables, le pli de leurs raisonnements ; Chaque cerveau est comme un cirque, où tourne éternellement un pauvre cheval enfermé. Quels que soient nos efforts, nos détours, nos crochets, la limite est proche et arrondie d’une façon continue et sans porte sur l’inconnu. Il faut tourner, tourner toujours, par les mêmes idées, les mêmes joies, les mêmes plaisanteries, les mêmes habitudes, les mêmes croyances, les mêmes écœurements.

 

Le brouillard est affreux, ce soir. Il enveloppe le boulevard. Un poids plus lourd que d’habitude me pèse sur les épaules. Je digère mal, probablement.

Car une bonne digestion est tout dans la vie. C’est elle qui donne l’inspiration à l’artiste, les désirs amoureux aux jeunes gens, des idées claires aux penseurs, la joie de vivre à tout le monde, et elle permet de manger beaucoup. Un estomac malade pousse au scepticisme, à l’incrédulité, fait germer les songes noirs et les désirs de mort. Je l’ai remarqué fort souvent. Je ne me tuerais peut-être pas si j’avais bien digéré ce soir.

Quand assis sur le canapé où je m’assois tous les jours depuis dix ans, je jette les yeux  autour de moi,  je me sens saisi par une détresse si horrible que je crois près de devenir fou.

Je cherche ce que je pourrais faire pour échapper à moi-même ? Toute occupation m’épouvante comme plus odieuse encore que l’inaction. Alors je songe à mettre de l’ordre dans mes papiers.

Voilà longtemps que je songe à cette besogne d’épurer mes tiroirs ; car depuis dix ans, je jette pêle-mêle dans le même meuble mes lettres et mes factures, et le désordre de ce mélange m’a souvent causé bien des ennuis. Mais j’éprouve une telle fatigue morale et physique à la seule pensée de ranger quelque chose que je n’ai jamais eu le courage de me mettre à ce travail odieux.

Donc, je m’assis devant mon secrétaire et je l’ouvre voulant faire un choix dans mes papiers anciens pour en détruire une grande partie.

Je demeure d’abord troublé devant cet entassement de feuilles jaunies, puis j’en pris une.

 

Oh ! Ne touchez jamais à ce meuble, à ce cimetière, des correspondances d’autrefois, si vous tenez à la vie ! Et si vous l’ouvrez par hasard, saisissez à pleines mains les lettres qu’il contient, fermez les yeux pour ne pas lire un mot, pour qu’une seule écriture oubliée et reconnue ne vous jette d’un seul coup dans l’océan des souvenirs ; portez au feu ces papiers mortels et quand ils seront en cendres, écrasez-les encore en poussière invisible…ou sinon vous êtes perdu…comme je suis perdu depuis une heure !

Ah ! Les premières lettres que j’ai relues ne m’ont pas intéressé. Elles étaient récentes d’ailleurs. Mais soudain une enveloppe m’a fait tressaillir. Une grande écriture large y avait tracé mon nom et brusquement les larmes me sont montées aux yeux. C’était ma plus chère amie, la confidente de mes espérances et elle m’apparut si nettement, avec son sourire bon enfant et la main tendue vers moi qu’un frisson me secoua les os. Oui, oui, les morts reviennent, car je l’ai vu ! Notre mémoire est un monde plus parfait que l’univers, elle rend la vie à ce qui n’existe plus !

La main tremblante, le regard brumeux, j’ai relu tout ce qu’elle me disait, et dans mon pauvre cœur sanglotant j’ai senti une meurtrissure si douloureuse que je me mis à pousser des gémissements comme un homme dont on brise les membres.

Alors j’ai remonté toute ma vie ainsi qu’on remonte un fleuve.

Oui, j’ai revu soudain toutes les toilettes de mon ancienne amie avec ses physionomies différentes suivant les modes qu’elle portait et les coiffures qu’elle avait successivement adoptées.

Puis soudain, ouvrant un autre tiroir, je me retrouvai en face de mes souvenirs d’amour et de cette lettre à l’écriture féminine qui me déchire encore le cœur. Une blessure à jamais ouverte !

« Très cher vous »

 

« Deux jours et deux nuits à vous voir, vous tenir un peu dans mes bras sous l’alibi de la danse, vous entendre rire, vous regarder aller et venir auprès des une et des autres, surveiller vos yeux clairs et les trouver enfin.

Vous retrouver et vous attendre comme il y a dix ans.

Deux jours et deux nuits et je succombe jusqu’à rouvrir l’endroit de ma mémoire où se tient tout ce que je vous ai pas donné, mais seulement écrit.

Jusqu’à penser à l’infaisable histoire qui nous retient encore si près l’un de l’autre et bien trop.

Voilà pourquoi j’installe la distance. J’espace mes visites, je simule l’absence.

Vous m’êtes plus cher qu’un amour vécu parce que nos sentiments n’ont pas connu la déchéance qui lui est propre, et aussi précieux qu’un ami. A n’avoir rien construit ensemble, il nous reste le charme inaltéré de la convoitise, la nostalgie de nous poursuivre pour mieux rappeler le court espace dans lequel nous étions pris, si proche d’un basculement inexorable.

Il ne tenait qu’à vous et à moi de prolonger nos regards et nous étreindre

Une seule fois.

Je n’ai pas le droit de vous dire je vous aime.

Et pourtant, je vous aime, de cet amour rentré, cultivé comme un bonzaï dont la beauté est celle de l’arbre intégral, mais à l’état de miniature.

Dix ans que vous n’avez jamais quitté mon cœur, ni mon esprit.

Ne partez jamais sans me prévenir

Notre bonzaï n’y survivrait pas et mon chagrin serait immense. »

Alors les doux romans de ma vie, dont les héroïnes encore vivantes ont aujourd’hui des cheveux tout blancs, m’ont plongé dans l’amère mélancolie des choses à jamais finies. Oh ! Les fronts jeunes où frisent les cheveux dorés, la caresse des mains, le regard qui parle, les cœurs qui battent, ce sourire qui promet les lèvres, ces lèvres qui promettent l’étreinte… et le premier baiser…ce baiser sans fin qui fait se fermer les yeux, qui anéantit toute pensée dans l’incommensurable bonheur de la possession prochaine.

Prenant à pleines mains ces tendresses lointaines, je les couvris de caresses furieuses, et dans mon âme ravagée par les souvenirs, je revoyais chacune à l’heure de l’abandon, et je souffrais un supplice plus cruel que toutes les tortures imaginées par toutes les fables de l’enfer.

Une dernière lettre restait, Elle était de moi et dictée quarante ans auparavant par mon professeur d’écriture. La voici :

MA PETITE MAMAN

« J’ai aujourd’hui sept ans. C’est l’âge de raison, j’en profite pour te remercier de m’avoir donné le jour.

Ton petit garçon qui t’adore »

 

 

 

 

 

C’était fini. J’arrivais à la source, et brusquement je me retournai pour envisager le reste de mes jours. Je vis la vieillesse hideuse et solitaire, et les infirmités prochaines et tout fini, fini, fini ! Et personne autour de moi.

Mon revolver est là, sur la table…je l’arme….

Ne relisez jamais vos vieilles lettres.

Et voilà comment se tuent beaucoup d’homme dont on fouille en vain l’existence pour y découvrir de grands chagrins.

 

Ne vous reste que d’opter pour une prochaine résurrection pour continuer à me lire. Ce choix vous demande, alors, de me confier vos commentaires ou de m’adresser vos avis sur  mon mail : fassart16 yahoo.fr

 

Il y a quelque chose de mort au fond de moi.

Une vague nécrose une absence de joie

Je transporte avec moi une parcelle d'hiver,

Au milieu de Paris je vis comme au désert.

Dans la journée je sors acheter de la bière,

Dans le supermarché il y a quelques vieillards

J'évite facilement leur absence de regard

Et je n'ai guère envie de parler aux caissières.

Je n'en veux pas à ceux qui m'ont trouvé morbide,

J'ai toujours eu le don de casser les ambiances

Je n'ai à partager que de vagues souffrances

Des regrets, des échecs, une expérience du vide.

Rien n'interrompt jamais le rêve solitaire

Qui me tient lieu de vie et de destin probable,

D'après les médecins je suis le seul coupable.

C'est vrai j'ai un peu honte, et je devrais me taire;

j'observe tristement l'écoulement des heures;

Les saisons se succèdent dans le monde extérieur.

(Monde extérieur) M.H.

 

 

 

Par fassart - Publié dans : jmf75
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 4 juin 2007

Être ou ne pas être

Quand la solitude vous gagne, un vide immense vous aspire.

Faut-il redouter cette dame dont le charme redoutable vous condamne à l'expulsion?

On ne parle pas de sa solitude

On a honte de se dire seul

Et pourtant, elle n'est pas une fatalité, ni une maladie.

Être seul, quelle belle affaire!

Nous avons le droit aujourd'hui, à une époque de changement, de vivre autrement.

Il n'y a pas de solution au problème de la solitude, juste une prise de conscience de la solitude et une prise en charge de l'individu par lui-même.

En finir avec la solitude doit passer par l'acceptation de soi.

Alors! sêchez vos larmes devant cette amertume et faisons pâlir cette dame qui nous aspire dans son monde de l'ennui.

La solitude

« Notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’à fuir cette solitude »

Guy de Maupassant

Lorsqu’on parle de solitude, c’est plutôt d’isolement dont il s’agit.

La solitude est inhérente à la condition humaine. Alors que l’isolement est l’état d’une personne qui cesse d’être reliée à ses semblables, ou qui a le sentiment de ne pas l’être, ce qui revient au même.

Avant de naître, l’être est pris en charge. Il est attaché à un organisme qui le contient. Naître, c’est se séparer de sa mère ; l’être éprouve alors dans son inconscient un sentiment de rejet. La blessure de la naissance se referme mal. Plus tard, il y aura une nouvelle séparation avec sa maman, ce sera le départ pour la maternelle. Et toutes les séparations de la vie, avec chaque fois le sentiment du rejet. Il ne suffit pas, sans doute, de savoir que tout commence avec la naissance mais je suppose que d’en prendre conscience aide à accepter la difficulté d’être et de vivre.

Nous avons tous peur, plus ou moins consciemment, de n’être pas acceptés par les autres, d’être maintenus à l’écart. Il est facile de se percevoir comme rejeté par les autres et de devenir un solitaire, ou plutôt un isolé.

Le sentiment d’infériorité, qui favorise l’isolement d’un individu, est souvent entretenu par la vie : on se replie sur soi, par exemple, à la suite d’un échec sentimental, ce qui entraîne la peur d’un nouvel échec et c’est le cercle vicieux.

Un individu peut-être un solitaire de tempérament ou le devenir par choix. Mais à quelques rares exceptions près, le solitaire est souvent un être qui souffre de son isolement. Car l’être humain est un animal social.

La solitude est une question difficile à cerner. Elle est diverse dans ses manifestations. Pour certains, elle se traduit par un sentiment d’ennui, pour d’autres, par un état anxieux. Tout ce qu’on peut dire : ils sont de plus en plus nombreux dans notre société les gens qui se sentent seuls, coupés des autres, coupés du monde et qui souffrent d’isolement. De solitude, comme on dit.

Parce que la solitude est une souffrance muette. Il est mal vu de se plaindre de sa solitude. On se tait. On garde sa souffrance pour soi. Comme si on avait honte de se sentir isolé.

Le genre d’isolement dont souffre l’individu dans notre civilisation urbaine paraît, d’un point de vue historique, sans précédent. Marcher dans la foule pendant des heures sans rencontrer un seul visage connu, rentrer chez soi sans être accueilli par personne, passer seul une soirée après l’autre, sans jamais personne avec qui communiquer.

Notre société est très mobile ; les individus vont d’un travail à un autre, d’un quartier à un autre, d’une ville à une autre. Ce qui favorise l’isolement.

La société de consommation est ainsi faite que chacun vise à avoir tout ce qu’il lui faut : sa machine à laver, sa voiture, sa télévision, comme si on évitait toute mise en commun des équipements ménagers ou autres, évitant ainsi toute possibilité d’échanges ou de rassemblement. L’habitat moderne encourage l’isolement.

Notre société a poussé de façon excessive la ségrégation naturelle des âges. Aujourd’hui, les enfants, les adultes, les gens âgés, chaque groupe a son monde dans lequel les autres ne pénètrent pratiquement jamais. Et cette ségrégation est en partie responsable de l’isolement d’un très grand nombre d’individus.

Le mariage n’est pas une solution à la solitude, contrairement à ce que certains continuent de penser. D’autant moins que l’institution du mariage traverse une crise, le nombre de divorces augmente ; l’évolution des mœurs qui favorise une plus grande liberté de l’individu paraît être aussi un facteur de solitude.

Le célibat, autrefois considéré comme marginal, est maintenant de plus en plus accepté dans notre société et doit l’être, du reste comme une façon normal de vivre. Le célibat, au sens large, comprend aussi les divorcés qui se retrouvent le plus souvent dans une situation comparable à celle des célibataires. Il demeure qu’un très grand nombre de célibataires acceptent mal l’isolement qui découle de leur état ; un isolement qui augmente au fur à mesure qu’on avance en âge.

La solution à l’isolement se trouve chez l’individu lui-même : dans sa capacité de communiquer.

Si vous êtes un solitaire malgré vous et que vous souhaitez remédier à cette situation, voici la meilleure recette : LE PROJET.

Souvent, on se laisse prendre par son travail ou par ses occupations et puis arrive le temps de s’appartenir et de partager et on se trouve pris au dépourvu. « Qu’est-ce que je fais maintenant ? » Les autres sont souvent déjà occupés…et on se retrouve seul…

Peu en sont conscients, qui restent à attendre, comme si tout dépendait du hasard. Il faut faire pour soi ce qu’on ferait pour d’autres. Si vous deviez, par exemple, organiser la fin de semaine d’un ami de passage…faites-en autant pour vous-même. Soyez votre meilleur (e) ami (e), sortez-vous, divertissez-vous, présentez-vous des amis.

Parmi les moyens qu’on suggère pour surmonter la solitude, il en est un dont l’efficacité ne fait pas de doute : aider les autres à surmonter leur propre solitude. On peut toujours trouver plus isolé que soi. La solution à tant de problèmes personnels se trouve souvent dans la capacité de s’oublier pour s’occuper des autres.

L’isolement se trouve transformé dès qu’on cesse de fuir, dès qu’on est décidé à affronter ce qui est. Et la solitude apparaît alors sous son aspect positif.

La solitude, au vrai sens du terme, c’est une occasion de silence, de faire un peu de silence et de passer à l’écoute de soi. Il ne faut pas fuir la vraie solitude. Elle est inévitable. Il faut plutôt l’apprivoiser. Et découvrir ce qu’elle peut nous apprendre : le silence qui seul permet d’être à l’écoute de soi.

«  La solitude est partout. L’individu est toujours seul. Ce qu’il doit faire, c’est la découvrir en lui-même et non pas la trouver en dehors de lui. »

 

Solitude ( à mon ami Thierry)

C’était après un dîner d’hommes. On avait été fort gai. Un d’eux, un vieil ami me dit :

-        Veux-tu remonter à pied l’avenue des Champs-Elysées ?

Et nous voilà partis, suivant à pas lents la longue promenade, sous les arbres à peine vêtus de feuille encore. Aucun bruit, que cette rumeur confuse et continue que fait Paris. Un vent frais nous passait sur le visage, et la légion des étoiles semait le ciel noir d’une poudre d’or.

Mon compagnon me dit :

-        Je ne sais pourquoi, je respire mieux ici, la nuit, que partout ailleurs. Il me semble que ma pensée s’y élargit. J’ai, par moments, ces espèces de lueurs dans l’esprit qui font croire, pendant une seconde, qu’on va découvrir le divin secret des choses. Puis la fenêtre se referme. C’est fini.

De temps en temps, nous voyions glisser deux ombres le long des massifs ; nous passions devant un banc ou deux êtres, assis côte à côte, ne faisait qu’une tache noire.

Mon voisin murmura :

-        Pauvre gens ! ce n’est pas du dégoût qu’ils m’inspirent mais une immense pitié. Parmi tous les mystères de la vie humaine, il en est un que j’ai pénétré : notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’à fuir cette solitude. Ceux-là, ces amoureux des bancs en plein air, cherchent, comme nous, comme toutes les créatures, à faire cesser leur isolement, rien que pendant une minute au moins ; mais ils demeurent, ils demeureront toujours seuls ; et nous aussi.

-        On s’en aperçoit plus ou moins, voilà tout.

-        Depuis quelque temps, j’endure cet abominable supplice d’avoir compris, d’avoir découvert l’affreuse solitude où je vis, et je sais que rien ne peut la faire cesser, rien entends-tu ! Quoi que nous tentions, quoi que nous fassions, quels que soient l’élan de nos cœurs, l’appel de nos lèvres et l’étreinte de nos bras, nous sommes toujours seuls.

-        Je t’ai entraîné ce soir, à cette promenade, pour ne pas rentrer chez moi, parce que je souffre horriblement, maintenant, de la solitude de mon logement. A quoi cela me servira-t-il ? Je te parle, tu m’écoutes, et nous sommes seuls tous les deux, côte à côte, mais seuls. Me comprends-tu ?

-        Bienheureux les simples d’esprit. Ils ont l’illusion du bonheur. Ils ne sentent pas, ceux-là, notre misère solitaire, ils n’errent pas, comme moi, dans la vie, sans autre contact que celui des coudes, sans autre joie que l’égoïste satisfaction de comprendre, de voir, de deviner et de souffrir sans fin de la connaissance de notre éternel isolement.

-        Tu me trouves un peu fou, n’est-ce pas ?

-        Ecoute-moi. Depuis que j’ai senti la solitude de mon être, il me semble que je m’enfonce, chaque jour davantage, dans un souterrain sombre, dont je ne trouve pas les bords, dont je ne connais pas la fin, et qui n’à point de bout, peut-être ! J’y vais sans personne avec moi, sans personne autour de moi, sans personne de vivant faisant cette même route ténébreuse. Ce souterrain, c’est la vie. Parfois j’entends des bruits, des voix, des cris… je m’avance à tâtons vers ces rumeurs confuses. Mais je ne sais jamais au juste d’où elles partent ; je ne rencontre jamais personne, je ne trouve jamais une autre main dans ce noir qui m’entoure. Me comprend-tu ?

Quelques hommes ont parfois deviné cette souffrance atroce.

Musset s’est écrié :

Qui vient ? Qui m’appelle ? personne.

Je suis seul. C’est l’heure qui sonne.

O solitude ! O pauvreté !

Mais, chez lui, ce n’était là qu’un doute passager, et non une certitude définitive, comme chez moi. Il était poète ; il peuplait la vie de fantômes, de rêves. Il n’était jamais vraiment seul. Moi, je suis seul !

 

Gustave Flaubert, un des grands malheureux de ce monde, parce qu’il était un des grands lucides, n’écrivait-il pas à une amie cette phrase désespérante : « Nous sommes tous dans un désert. Personne ne comprend personne ».

Non, personne ne comprend personne, quoi qu’on pense, quoi qu’on dise, quoi qu’on tente. La terre sait-elle ce qui se passe dans ces étoiles que voilà, jetées comme une graine de feu à travers l’espace, si loin que nous apercevons seulement la clarté de quelques-unes, alors que l’innombrable armée des autres est perdue dans l’infini, si proches qu’elles forment peut-être un tout, comme les molécules d’un corps ?

Eh bien, l’homme ne sait pas davantage ce qui se passe dans un autre homme. Nous sommes plus loin l’un de l’autre que ces astres, plus isolés surtout, parce que la pensée est insondable.

Sais-tu quelque chose de plus affreux que ce constant frôlement des êtres que nous ne pouvons pénétrer ! Nous nous aimons les uns les autres comme si nous étions enchaînés, tout près, les bras tendus, sans parvenir à nous joindre. Un torturant besoin d’union nous travaille, mais tous nos efforts restent stériles, nos abandons inutiles, nos confidences infructueuses, nos étreintes impuissantes, nos caresses vaines. Quand nous voulons nous mêler, nos élans de l’un vers l’autre ne font que nous heurter l’un à l’autre.

Je ne me sens jamais plus seul que lorsque je livre mon cœur à quelque ami, parce que je comprends mieux alors l’infranchissable obstacle. Il est là, cet homme ; je vois ses yeux clairs sur moi ; mais son âme, derrière eux, je ne la connais pas. Il m’écoute. Que pense-t-il ? Oui, que pense-t-il ? Tu ne comprends pas ce tourment ? Il me hait peut-être ? ou me méprise ? ou se moque de moi ? Il réfléchit à ce que je dis, il me juge, il me raille, il me condamne, m’estime médiocre ou sot. Comment savoir ce qu’il pense ? Comment savoir s’il m’aime comme je l’aime ? et ce qui s’agite dans cette petite tête ronde ? Quel mystère que la pensée inconnue d’un être, la pensée cachée et libre, que nous ne pouvons ni connaître, ni conduire, ni dominer, ni vaincre !

Et moi, j’ai beau vouloir me donner tout entier, ouvrir toutes les portes de mon âme, je ne parviens pas à me livrer. Je garde au fond, tout au fond, ce lieu secret du « Moi » où personne ne pénètre. Personne ne peut le découvrir, y entrer, parce que personne ne me ressemble, parce que personne ne comprend personne.

Me comprends-tu, au moins, en ce moment, toi ? Non, tu me juges fou ! tu m’examines, tu te gardes de moi ! tu te demandes : Qu’est-ce qu’il a ce soir ? Mais si tu parviens à saisir un jour, à bien deviner mon horrible et subtile souffrance, viens me dire seulement : je t’ai compris ! et tu me rendras heureux, une seconde peut-être.

 

Ce sont les femmes qui me font encore le mieux apercevoir ma solitude.

Misère ! Misère ! comme j’ai souffert par elles, parce qu’elles m’ont donné souvent, plus que les hommes, l’illusion de n’être pas seul !

Quand on entre dans l’amour, il semble qu’on s’élargit. Une félicité surhumaine vous envahit. Sais-tu pourquoi ? Sais-tu d’où vient cette sensation d’immense bonheur ? C’est uniquement parce qu’on s’imagine n’être plus seul. L’isolement, l’abandon de l’être humain paraît cesser. Quelle erreur !

Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d’amour qui ronge notre cœur solitaire, la femme est le grand mensonge du rêve.

Tu connais ces heures délicieuses passées face à face avec cet être à long cheveux, aux traits charmeurs et dont le regard nous affole. Quel délire égare notre esprit ! Quelle illusion nous emporte !

Elle et moi, nous n’allons plus faire qu’un, tout à l’heure, semble-t-il ? Mais ce tout à l’heure n’arrive jamais, et, après des semaines d’attente, d’espérance et de joie trompeuse, je me retrouve tout à coup, un jour, plus seul que je ne l’avais encore été.

Après chaque baiser, après chaque étreinte, l’isolement s’agrandit. Et comme il est navrant, épouvantable. Et puis, adieu. C’est fini. C’est à peine si on reconnaît cette femme qui a été tout pour nous pendant un moment de la vie, et dont nous n’avons jamais connu la pensée intime et banale sans doute !

Et pourtant, ce qu’il y a encore de meilleur au monde, c’est de passer un soir auprès d’une femme qu’on aime, sans parler, heureux presque complètement par la seule sensation de sa présence. Ne demandons pas plus, car jamais deux êtres ne se mèlent.

Quant à moi, maintenant, j’ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j’aime. Me sachant condamné à l’horrible solitude, je regarde les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J’ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit : « oui », quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.

Me comprends-tu ?

Nous avions remonté la longue avenue jusqu’à l’Arc de triomphe de l’Etoile, puis nous étions redescendus jusqu’à la place de la Concorde, car il avait énoncé tout cela lentement, en ajoutant encore beaucoup d’autres choses dont je ne me souviens plus.

Il s’arrêta et, brusquement, tendant le bras vers le haut obélisque de granit, debout sur le pavé de Paris et qui perdait, au milieu des étoiles, son long profil égyptien, monument exilé, portant au flanc l’histoire de son pays écrite en signes étranges, mon ami s’écria :

- Tiens, nous sommes tous comme cette pierre.

Puis il me quitta sans ajouter un mot.

Etait-il gris ? Etait-il fou ? Etait-il sage ? je ne le sais encore. Parfois il me semble qu’il avait raison ; parfois il me semble qu’il avait perdu l’esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par fassart - Publié dans : jmf75
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 2 mai 2007

DECADENCE

Qu'est-ce que le bien, qu'est-ce que le mal?

Est-il possible de les définir par dela toute morale? Sans aucun doute!

Et quoique Nietzche n'ait point voulu les définir, son oeuvre toute entière témoigne de ce qu'étaient pour lui le bien et le mal, aussi n'étonnerai-je personne parmi mes lecteurs, en disant que le bien favorise la puissance, et le mal,ce qui introduit la Décadence

Soit, mais le malheur des uns fait le bonheur des autres et si la Décadence d'autrui favorise ma puissance, que voilà une "Bonne Décadence"

"Avoir honte de son immoralité, c'est un premier degré de l'échelle; arrivé en haut, on aura honte aussi de sa propre moralité"

 Abandon

Un sdf recroquevillé

Me tend un godet avec un sourire édenté

Je n'ai pas envie de lui donner ma monnaie

Et flanque un coup de pied sur son godet

Derrière moi, un gamin lui crache au nez

Et sa mère le secoue comme un prunier

J'ai pas envie d'aller bosser

Mais qui paiera demain mon loyer

Je traîne mes godilles sur les pavés

Je l'ai croisé, assise, à la terrasse d'un café

Un jardin sans fleur, juste une tasse de thé

Un sourire, malgré tout, illuminé

Mais pas de quoi me faire bander

Le gamin chaparde le portable abandonné

Et sa mère, affolée, court pour lui flanquer une raclée

Je repars sur les pavés, tête baissée

Me demandant ce qui pourrait embellir ma journée

Une nana m'interpelle, elle voudrait un baiser

Je sors ma langue, juste pour grimacer

Pas envie d'aller bosser, encore moins de baiser

La journée s'étire, je me met à bailler

Il ne me reste qu'à mourir a fond de mon duvet

L'amour, l'amour

Dans un ciné porno, des retraités poussifs

Comtemplaient, sans y croire,

Les ébats mal filmés de deux couples lascif;

Il n'y avait pas d'histoire.

Et voilà, me disais-je, le visage de l'amour,

L'authentique visage.

Certains sont séduisants; ils séduisent toujours,

Et les autres surnagent.

Il n'y a pas de destin ni de fidélité,

Mais des corps qui s'attirent.

Sans nul attachement et sutout sans pitié,

On joue et on déchire.

Certains sont séduisants et partant très aimés;

Ils connaîtront l'orgasme.

Mais tant d'autres sont las et n'ont rien à cacher,

Même plus de fantasmes;

Juste une solitude aggravée par la joie

Impudique des femmes;

Juste une certitude: "cela n'est pas pour moi",

Un obscur petit drame.

Ils mourront c'est certain un peu désabusés,

Sans illusions lyriques;

Ils pratiqueront à fond l'art de se mépriser,

Ce sera mécanique.

Je m'adresse à tous ceux qu'on n'a jamais aimés,

Qui n'ont jamais su plaire;

je m'adresse aux absents du sexe libéré,

Du plaisir ordinaire

Ne craignez rien, amis, votre perte est minime:

Nulle part l'amour n'existe.

C'est un jeu cruel dont vous êtes les victimes;

Un jeu de spécialistes.

(M.H)

Rupture

Rupture, rupture

Le choix de rompre

Casser, tout casser

Briser, tout briser

Elle est partie

Ne me laissant que sa tasse de thé

Rupture, rupture

Partie pour de nouvelles contrées

Où je ne pourrais même pas y respirer

Elle a fait le choix de rompre

Ne me laissant que son châle abandonné

Où les effluves de son parfum

Embaument toutes mes journées

Rupture, rupture

C'est idiot, j'ai envie d'un baiser

Ne lui ai-je jamais demandé?

Un oubli, sans doute, banalisé

Rupture, rupture

J'hurle, va-t-elle entendre que je suis blessé

Et que sans elle je ne peux plus respirer

Allons ma belle, repartons d'un bon pied

Oublie, oublie et donne moi ce baiser

Par fassart - Publié dans : jmf75
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés