Chronique d’une mort annoncée
La matinée baille encore, une journée qui me semble paresseuse, mais je suis déjà
dans la rue et je marche d’un pas décidé vers la gare de nord.
J’aime cette gare, je suis originaire du Pas de Calais mais les trains ne
m’intéressent pas aujourd’hui, c’est bien l’hôpital juxtaposant qui attire mes pas.
Cocasse et insensé, c’est bien la première fois de ma vie que je foulerai ce genre
d’établissement. Ce n’est pourtant pas ma tasse de thé, je dois l’avouer. Pourquoi s’égarer dans un pareil endroit et par un matin ensoleillé. J’ai une sainte horreur des
hôpitaux.
On y entre, c’est certain et même volontairement, c’est en cette matinée mon cas
et aucun vigil ne m’en interdit l’accès.
Je dois avoir perdu la tête. J’aurai mieux fait de pénétrer une salle de
cinéma.
Entrer dans ce lieu vous prend à la gorge et vous paralyse, les odeurs sont
tenaces et inqualifiables et personne ne vous mentionnera si vous pourrez en sortir. Vous avez votre tiquet d’entrée, mais pas celui de votre sortie. Dans une salle de cinéma, une fois le film
terminé, vous partez, déçu ou ravi. Ici, c’est une bobine sans fin et si vous tombez sur un mauvais film, un calvaire.
Ce lieu, sans être diabolique est détonnant et fait référence à une loterie. On y
arrive libre, en partir est problématique, c’est à qui perd gagne.
J’ai dans la tête les cas d’infections contractés dans cet endroit et largement
médiatisés avec un nombre effroyable de décès qui ont suivi. Je me précipite sur un gel antiseptique pour les mains, cette protection me paraît indispensable. C’est dingue de penser que bien
vivant en arrivant, vous pouvez en sortir les pieds devant. Mauvaise loterie dans pareil cas. Mais la vie n’est qu’un jeu favorable pour les uns,
désastreux pour les autres. Je n’ai jamais eu de chance au jeu.
Et pourtant, soyons juste, la vocation de l’hôpital et son existence est de porter
secours et d’aider le patient affaibli, voire de sauver des vies et de répondre à toutes urgences qui se présentent. Je suis ce matin une urgence.
Je suis devant l’hôpital « Lariboisière », le panonceau de l’accueil
indique « urgence », c’est parfait et rassurant. Qui dit urgence dit rapidité, avec moi, il faut faire vite, je fais partie des hyperactifs, pas de temps à perdre
inutilement.
C’est amusant, pour la toute première fois j’ose pénétrer dans les urgences d’un
hôpital ou je vais découvrir un monde turbulent et sans doute plein de douleurs. J’ai de toute évidence perdu la tête.
Ce n’était pourtant pas ma volonté, j’adore la villégiature mais pas dans pareil
endroit.
Je suivais simplement les conseils d’une amie contactée ce matin. Je lui ai relaté
mes petits bobos. Oh ! Rien de grave, je pensais, ni d’important, juste la main droite endolorie de fourmillements agaçants et ne voulant plus répondre à mes commandements, j’avais peine à
saisir ma tasse de café, et l’avant bras prenait le relais. Mais cette gène a tout à coup gagné ma face droite du visage. J’avais l’impression d’être anesthésié ce qui arrive lorsqu’un dentiste
vous soigne une dent.
J’avoue que l’inquiétude m’a envahi.
L’accueil fut satisfaisant. Une infirmière adorable m’interpelle, c’est vrai que l’on prête toujours une beauté érotique
aux infirmières. Ma réponse, on ne peut plus anodine
« Je subis un début de paralysie sur tout le côté droit » rien de plus à
ajouter.
« Patientez, un médecin va vous recevoir »
C’est parfait, il est 10h15. Je patiente, pas d’autre choix, je lis un quotidien
abandonné, les gens vont et viennent mais peu de monde, ca sera vite fait.
Vers 12 heures, toujours pas de médecin. L’envie de quitter cet endroit me gagne,
pas question de passer ma journée ici. De plus, je ne suis pas patient et ici dans ce lieu, presque invisible.
J’insiste auprès de la belle qui me demande aimablement de patienter. Le
vocabulaire est pauvre dans ce genre d’endroit. Je courbe l’échine, que faire d’autre ?
Se pointe alors une infirmière, qui s’affaire. Tension prise, taux de sucre mesuré
(ca pique le doigt) quelques mouvements pour vérifier votre maintenance et les bras tendus, yeux fermés pour vérifier vos tremblements des mains (pour déceler si vous n’êtes pas
alcolo)
« C’est une coutume, me dit-elle, peut de gens avouent un alcoolisme
prononcé »
C’est fini pour elle, elle m’a déjà oublié.
Direction les bureaux administratifs où votre carte d’identité, de sécurité
sociale vous sont demandées, suivi d’un numéro de téléphone d’une personne à contacter en cas de problème grave ? Ca promet. Vous êtes là, en face d’eux, bien vivant allez savoir
ensuite !, c’est très rassurant.
Pas de sourire dans ce bureau, ni d’humour. L’ambiance est glauque. Je commence à
suffoquer.
Je jubile, toujours personne pour m’indiquer le mal qui me ronge. Rebelote, de ce
service, on m’indique de patienter dans une autre salle pour être reçu par un médecin mais je me demande si ce corps de métier est bien présent dans cet hôpital.
Nous atteignons 13h30
Trois heures viennent de s’écouler sans aucun soin, ni conseils, ni verdict. On
peut comprendre certain décès. Il y a même des panonceaux vous indiquant les pompes funèbres à proximité. Dingue ! Mais j’ai encore la force de sourire.
Ma balade matinale tourne au cauchemar. Je réfléchi, « urgences » certes
mais vous avez toutes les chances de mourir avant un traitement quelconque. La France a fort à faire dans son milieu hospitalier. Le Président dans pareil cas serait transmis au « Val de
Grâce » et soigné dans les dix minutes, juste citoyen lambda, il me faut des heures de patience.
Mon bras est toujours endolori, ma face droite absente de toute sensation et le
mal commence à se répandre dans mes côtes côté droit. Mais personne encore ne prête attention à mon dilemme.
J’ai envie de hurler « suis vraiment dans un hôpital prodiguant des
soins », c’est inutile, vous n’êtes qu’un de plus venu gonfler le lot de gens malades, un numéro, juste un numéro, sans nationalité.
16 heures, enfin la délivrance, un médecin se pointe
Mes nerfs sont à vifs mais je grimace un sourire. Il me bombarde de questions, les
unes plus absurdes que les autres, je garde mon calme. Il vérifie lui aussi mes réflexes surtout le tremblement éventuel de mes mains et fini par me dire, un peu désabusé qu’il ne tire aucune
conclusion et qu’il me faut voir un neurologue. Il se tire sans un autre mot ni un réconfort.
Une autre infirmière prend le relais, me pique le bras trois fois de suite pour prendre mon sang pour de multiples analyses. Il lui
faut du sang. J’ai horreur des piqures et sa soif du sang me fait penser à un vampire. Les tubes une fois remplis du liquide précieux, elle sort un appareil muni de multiples fils pour mesurer mon
rythme cardiaque. C’est fini pour elle. Aucun regret de son départ. Aucuns mots échangés, je me demande si je suis présent.
18 heures, la neuro se pointe, belle femme. Enfin un bel éclat dans cette journée
maussade. Elle recommence les examens et les questions désobligeantes : « vous buvez, vous sentez l’alcool » Mon dernier verre de vin rouge remonte au dimanche précédent, je suis
légèrement choqué de cette réflexion. « J’aurai du boire avant de venir ? » Une provocation qui la fait sourire
« Peu de gens acceptent de nous avouer boire, voilà pourquoi nous
insistons »
Calmement je la sens grimacer devant ses premières analyses ce qui me met mal à
l’aise. J’étais venu ici par hasard ne l’oublions pas et son verdict tombe lourdement effaçant du même coup sa beauté.
« Je vous garde cette nuit aux urgences, c’est indispensable. Vous avez
besoin d’un suivi sérieux et pointu et de passer un scanner pour définir la provenance du mal »
De quel mal ma parle-t-elle ?
J’étais venu ici avec une main anquilosée, on me parle maintenant d’un scanner qui
ne s’intéresse qu’au cerveau. Suis-je devenu dingue ?
Devant mon inquiétude, elle finit par m’avouer avec beaucoup de tendresse qu’un
caillot de sang peut avoir bouché une artère ou qu’une artère a cédé. J’adore sa franchise mais continue à grimacer. Soudainement je la trouve moins jolie cette femme et foncièrement agaçante.
D’après elle, mon cerveau a cédé à un caprice, sans m’avertir, c’est une boutade, c’est évident et cet hôpital, une farce !
Ma visite de ce matin, anodine, tourne au cauchemar. Tout est cauchemardesque,
j’ai toutes les chances de ne plus ressortir de cet enfer. J’ai le cerveau, semble-t-il malade qui jusqu’à présent se contentait d’un doliprane pour un léger mal de crâne mais apparemment, il est
à saturation.
20h, 10 heures viennent de s’écouler depuis mon arrivée, je me découvre un moral
d’acier. Je suis transféré aux urgences de nuit. Je n’ai rien dans l’estomac depuis la veille, j’ai faim mais personne ne se préoccupe de me servir ne serais-ce qu’une collation. Un lit m’est
désigné, je m’y installe avec le pantalon et une tunique prêté par l’hôpital et je souhaite m’endormir au plus vite car inutile d’avoir une pensée perverse quelconque. Je serais sage et pieux.
Demain sera un nouveau jour, plein de promesse. Cette journée n’était peut-être qu’une mauvaise plaisanterie.
Mais le calvaire continue et au rythme des professionnels qui vous entourent. Les
infirmières viennent adorablement vous réveiller toutes les deux heures pour prendre votre tension, vous donner des médicaments, mesurer votre taux de sucre et vous installer une perfusion pour
recevoir les médications qui vous seront éventuellement prescrites. C’est douloureux, ma main gauche qui a reçu l’aiguille de la perfusion a doublé de volume. Je ne bronche pas, ne me plains pas.
A quoi sert de gémir ici, je ne suis pas le seul. Cette salle en arcle de cercle accueille cinq malades, les uns silencieux acceptant la fatalité, les autres gémissant ou maugréant. Jai choisi le
silence et la souffrance de la main.
1h du mat, rien ne les arrête, c’est le scanner à passer. Vous êtes allongé sur
une table étroite, votre tête coincée par deux revers en tissus et là, vous attendez lez passage sous une coupole ou vous apercevez des arceaux qui tournent à grande vitesse. C’est le principe
pour vous photographier le cerveau en 3D. Cette séance dure 5 minutes. Voilà la photo est prise et je me demande si cette machine à la capacité d’analyser le degré de mon intelligence.
Apparemment non ! Retour vers la chambre allongée sur le brancard suivi toutes les deux heures de la sempiternelle prise de tension etc. Fatigué, je suis fatigué, je n’ose même plus gémir,
ma main a triplé de volume.
Mercredi, toujours là, a attendre, je ne sais qui, je ne sais quoi. Je commence à
perdre tout repère. Petit déjeuner léger mais bon café mon estomac vide jusqu’à présent est ravi. Il me faut tuer le temps, une journée longue et morose, allongé dans un lit sous une surveillance
constante, sans lecture ni personne pour dialoguer. Je m’ennuie horriblement. Les heures défilent, je demande l’assistance de la neuro pour connaître les résultats du scanner. Mais rien, aucune
communication, vous êtes un numéro, un lit occupé, rien de plus, une absence peut-être, je maudis ma présence. On me fait savoir que je serai transféré vers un autre hôpital en banlieue
spécialisé en neurologie. Je craque, je fustige, j’ai envie de fuir cet endroit maudit et je ne suis pas un jeton que l’on déplace au gré de leur fantaisie. J’ai l’impression de n’être plus
humain, une marionnette peut-être.
On prête beaucoup de respect aux hôpitaux, chargés de soigner les plus faibles,
les plus pauvres comme les riches d’ailleurs, enfin ceux qui souffrent. Mais ce qui est révoltant, ce qui tue le moral, c’est l’absence de communication. Ils vous soignent, vous distribuent un
nombre effroyable de médicaments de toutes les couleurs, vous posent des questions incessantes et quelques fois très intimes et même ridicules mais reste muet devant vos interrogations ou vos
supplications. La mienne est pourtant simple, que m’arrive-t-il ?
Je suis venu ici que pour un simple engourdissement de la main et de la
joue.
La quille, je quitte « Lariboisière », ce n’est pas dommage, je n’ai
aucun regret et prendrais le soin de ne plus y remettre un pied. Les ambulanciers arrivent, pas de brancard, je peux tenir debout, direction Gennevilliers dans une clinique spécialisée en
neurologie. L'hôpital saint Jean est un véritable quatre étoile.
L’accueil est brillant, bon point, la communication s’installe, on s’occupe enfin
de moi. Je souffle. Je retrouve mon calme, le sourire me regagne. J’écoute les professionnels qui sont percutant à outrance. « Vous avez eu une attaque cérébrale qu’il faut prendre au
sérieux. Il nous faut définir la provenance du caillot de sang repéré par le scanner ce caillot a bouché une artère vous privant de plus de deux minute d’oxygène dans le cerveau d’ou le début
d’une paralysie. Vous êtes un miraculé car s’était la paralysie totale que vous avez risqué. Votre avenir dépend maintenant des soins que vous allez recevoir et des
médications »
D’une banalité d’un mardi matin, me voici ce jeudi devant un arrêt de mort
potentiel au dessus de la tête. Je suis secoué, je l’avoue et mes fondements s’écroulent. L’angoisse me ramollit le cerveau enfin ce qu’il en reste
encore de vivant.
Ai-je encore un avenir prometteur ? Et pour combien de
temps ?
Peux-t-on mesurer le temps d’une vie ? Verrais-je le levé du soleil
demain ? J’ai un fils de 17 ans, sa maman et mon ex et quelques amis ignorant le drame qui se joue et dont je suis l’acteur principal. Un film dont je ne connais pas encore le
dénouement.
Je suis encore en vie, respire encore, c’est un bonheur, un nouveau bonheur que je
découvre, une nouvelle vie peut-être. Je n’ai que frôlé l’interruption du à un cerveau capricieux qui a pêté les plombs. Je m’interroge néanmoins sur cette alerte qui vient de me
bousculer
Que veut-elle me dire ? Quel est le message ? Dois-je radicalement
changer demain ? Je cherche mais mon cerveau malade ne me fournit aucune réponse.
Changer ! Pourquoi ? Comment ?, difficile de se remettre en
question
Quel va devoir être mon comportement demain ? En sachant que je viens de
frôler la mort
Le ciel me semblera-t-il toujours aussi bleu ?
Et la mer toujours aussi verte ?
Verrais-je toujours l’envol des oiseaux comme un signe de
liberté ?
L’hirondelle fera-t-elle toujours son nid au printemps ?
Vais-je continuer d’aller ou bon me semble ? Faire et dire ce qui me semble
juste ? Aimer aussi comme bon me semble.
Je veux rester debout, debout sur le sol, debout face au vent et bien vivant et
cracher comme le lama vers ceux qui m’ennuieront
Il semblerait que la liberté de vivre a ses contraintes. Vivre ou mourir ce qui
demande beaucoup d’effort. Je suis un peu paresseux, il me faudra changer. C’est difficile à accepter il n’y a pas de banalité dans une vie, vivre semble facile, beaucoup ne s’interroge pas sur
cette capacité de vivre sainement on en prend conscience au premier accident et c’est mon cas.
La naissance donne la vie avec la contrainte d’accepter un jour la mort c’est le
lot de l’espèce humaine. En acceptant ces deux extrêmes, vous êtes effectivement libre mais le calendaire ne vous appartient pas. Le sablier s’écoule immuablement et vous ne pourrez jamais
l’inverser. Vous connaissez la date de votre naissance, la fatalité fixera votre dernier instant que tous espère le plus long possible. C’est injuste bien sur mais le choix de vivre implique la
liberté d’une mort non annoncée qui échappe à votre contrôle. C’est le lot de l’homme car personne n’a encore découvert l’immortalité.
Je lutte aujourd’hui pour retarder le dernier instant qui me frappera je ne sais
quand, ni sa date, ni son heure ni la dernière minute c’est une chance aussi pourquoi vivre si la fin est annoncée ? Mais je peux d’un croche-pied l’éloigner quelques temps
encore.
Le verdict vient de tomber je suis atteint d’un AVC accident vasculaire cérébral qui touche plus de 20.000 personne dans l’hexagone et
à des degrés différents. J’ai eu un bol extraordinaire je n’ai perdu que moins de 20% de mes facultés sensorielles, peu de choses
Je suis debout bien vivant et je chante cette vie qui vient de me jouer un tour. Je n’ai
conscience de n’être qu’un insecte sur cette planète et un minuscule grain de poussière dans l’univers et de ne rien maitriser de cette fichue science de la vie. Je peux éventuellement la donner,
aujourd’hui il me faut la conserver
Je viens d’être le témoin de la faiblesse de la vie. Je regarderai maintenant le
monde les yeux grands ouverts, je regarderai les autres différemment. La vie c’est l’instant qui s’écoule de seconde en seconde où le gâchis n’est plus permis. Les choses rentre dans l’ordre je
suis encore faible mais vivant et de revoir les miens me donne l’envie de me battre. J’ai beaucoup d’amour à donner. L’amour emporte tout, il est le garant de toute fatalité scabreuse même la
plus sombre. Je suis heureux de vivre encore simplement pour leur dire que je les aime. Je crois que je n’ai jamais pris conscience des drames qui se joue autour de moi et dans ce lieu de
rééducation moteur et cérébral je croise un
monde apeuré, les uns avec des béquilles, les autres avec des déambulateurs sans parler des fauteuils roulant où ils sont vautrés et
impuissants. Il est évident que demain mon regard sera différent ce qui ne veut pas dire que je vais courir derrière tous les éclopés je vais sans doute porter un œil différent. Le malheur, la
détresse, la maladie ne sont pas toujours visible mais se perçoit cependant à qui prend la peine d’observer et j’avoue que je n’ai jamais pris la peine de bien observer autour de moi. Même pas mes
amis envers qui j’ai très souvent usé d’injustice et de méchanceté. Ce personnage fera place à un compagnon plus aimable, c’est évident. Le mal qui vient de me frapper ne fera pas de moi un homme
plus beau mais certainement plus humain et plus attentif. Dans le cas contraire, une bonne crise cardiaque stoppera le diable que je suis. Le plus important reste la vie, la joie de vivre avec le
sourire. La vie est un cadeau ne dit-on pas !
Dieu m’a sans doute béni dans cette épreuve, je lui rends grâce
Ainsi soit-il