OURAGAN
Je suis un ouragan
Souffle, souffle, ouragan
Complètement désœuvré
Naguère, d’une violence extraordinaire
Je convertissais la chaleur des océans
Et l’atmosphère des tropiques
Pour me déchainer en vent violent
Rugissant sur les vagues en furie
J’étais destructeur en force et en étendue
Quand je me déployais, rien ne me résistait
Et derrière moi, je semais la désolation
Souffle, souffle, ouragan
Je n’obéissais à aucune loi
Mon approche était redoutée
Mais allez savoir pourquoi
Aujourd’hui, je n’arrive plus à souffler
Pour semer le désordre de mon ballet
Souffle, souffle, ouragan
Je suis épuisé et complètement démotivé
J’aimais pourtant bien le baptême des gens d’en bas
Bertha, Dolly, Hanna, Joséphine, Paloma
Et je redoublais de mon souffle monstrueux
Pour recevoir des noms qui m’endiablaient
Mais c’est fini, je vais m’arrêter de gronder
A quoi bon, il me suffit de regarder sous mes pieds
Souffle, souffle, ouragan
Ils sont petits ces hommes qui s’agitent
Fuyant le poids de toutes les ignominies
Sous mes pieds, ils souffrent le martyrs
De leurs souverains, jusqu’à y laisser la vie
Et la détresse des gens sous mes pieds
Eloigne la crainte de mes ballets meurtriers
Souffle, souffle, ouragan
Ils deviennent si pauvre dans leur vie fade
Que mes meurtrissures ne les atteignent plus
Ces petits gens d’en bas doivent revivre
Pour que je reprenne de l’amplitude
J’ai tellement de peine de balayer leur monde
Alors qu’ils souffrent de ne plus bien vivre
Je vais arrêter de les chatouiller
Le temps qu’ils retrouvent l’espérance d’un avenir
Souffle, souffle ouragan
Désolé d’être vaincu
Par la pauvreté des gens sous ses pieds